Des vessies pour des lanternes.

La CCVL* a décidé arbitrairement de supprimer la collecte du verre en porte à porte au profit de l'apport volontaire.

Elle évoque des "raisons sociales", en fait l'exposition au bruit des agents lors du ramassage.

Mais le principal argument avancé est que les quantités collectées sont similaires:
"Les performances nationales du verre en porte-à-porte est de 31,22 kg par habitant et par an. Celle qui correspond à la collecte du verre en apport volontaire est de 30,75 kg par habitant et par an."
Source : Quoi de 9 n° 17 automne 2007.

Quoi de 9, l'organe officiel de la CCVL ne cite aucune source pour étayer ces chiffres. Et pour cause...

La réalité est bien différente.

Le verre collecté en porte à porte dans la CCVL représente 34,62 kg par habitant et par an en 2006.
Source : Rapport annuel sur le prix et la qualité de service public d'élimination des déchets 2006 - Communauté de commune des vallons du Lyonnais p.20 Téléchargement.

Le verre est collecté en apport volontaire dans le Grand Lyon. Les résultats sont édifiants : 18,02kg par habitant et par an en 2006.
Source : Rapport annuel 2006 sur le prix et la qualité du service public d'élimination des déchets Grand Lyon p.8. Téléchargement.

Il est précisé pour le Grand Lyon, qu'en millieu urbain le taux de collecte est supérieur (20,32), ce qui laisse supposer que pour établir une moyenne à 18,02, le taux de collecte en zone non urbaine doit descendre à 15kg.

Si la décision d'abandonner la collecte en porte à porte devait être entérinée c'est, à l'échelle des 9 communes, près de 500 tonnes de verre par an (20 kg x 25 000 habitants) qui passeront du recyclage aux ordures ménagères avec toutes les conséquences que celà implique en terme écologique mais également en terme de coût, les incinérateurs de déchets ménagers n'apprécient guère le verre.

Combien d'année de mise en place de réflexes de tri vont-être ainsi brisées net, sauf à prouver que les habitants de Brindas, Vaugneray ou Grezieu seront deux fois plus vertueux que ceux de Craponne, Francheville ou St-Genis-les-Ollières ? Les habitants de la CCVL peuvent pourtant être légitiment fiers de leur bonne conduite. 34,62 kg de verre recyclé sur un gisement annoncé de 41,3 kg représentent en effet un taux de recyclage de près de 84%. Soit environ moitié plus que le score national (57,4% en 2006 - www.source verre-avenir.fr).

"Ce service, jugé trop luxueux par certains élus, n'est plus en phase avec les besoins des habitants." (Devant chez vous septembre 2007 p.16). Sur quels bases s'appuient de tels jugement ?

Si l'on suit jusqu'au bout cette écologie comptable à la petite semaine, il est sûr qu'il est préférable de vider son huile de vidange au fond du jardin. Les frais de collecte et le traitement sont ainsi réduits. Pourquoi ne pas carrément remettre au goût du jour les décharges sauvages qui égayaient jadis nos campagnes ?

N'y a-t-il pas d'autres solutions à étudier ?

La protection contre le bruit a fait des progrès depuis la boule Quies. Pour améliorer les conditions de travail, il existe aujourd'hui des casques qui permettent de filtrer le bruit quand il atteint des niveaux trop élevés, tout en permettant de converser avec son voisin: exemple.

Une collecte en petit conteneur individuel (voir photo) plutôt qu'en caissette comme celà se fait en dans les Yvelines, pourrait réduire l'exposition des agents de collecte aux débris ?

Par ailleurs la pollution sonore engendrée par le bruit des apports de verre tout au long de la journée pour les résidants qui habitent à proximité des futurs containers n'est pas évoquée, ni celui de la vidange de ces bulles à verre (exemple édifiant). Il est vrai qu'ils paieront leur redevance plus cher pour avoir le privilège d'entendre des dizaines de fois par jour une bouteille se briser, alors que les agents de collecte eux étaient payés pour subir ce genre de désagrément. Sans doute que ceux qui ont pris cette décision se sont portés volontaires pour que ces containers soient installés au pied de leur maison.
Il suffit que la chute du verre lors des dépôts (pas du vidage) ne dépasse pas 91 décibels pour qu'un conteneur soit considéré comme insonorisé (norme NF).
Il se trouve que celà correspond à un niveau de bruit considéré comme nocif.

Quid au passage de la pollution visuelle, sauf à soutenir que ces bulles à verre relèveront le patrimoine architectural de l'ouest lyonnais ?

Nos élus auraient pu réfléchir un peu plus pour voir quelles innovations pouvaient être mises en place, entre autres :
- Faire rouler les camion poubelle au colza par exemple.
- Mesurer plus tôt, que le remplacement par des bacs fermés des caissettes jaunes (emballages) ou bleues (papiers) aurait permis de réaliser de substantielles économies en réduisant les refus. En définitive sans rien mesurer, le bon rapport 2006 préfère jetter la pierre au trieur patient (p.21 du rapport CCVL 2006) plutôt que de consulter la climatologie de la région pour découvrir que les fameuses caissettes étaient peut-être arrosées une fois sur 10 rendant papiers et cartons irrécupérables.

La solution miracle de nos grands penseurs étant bien connue, on baisse les services et on monte les prix: de 10 collectes toutes les 2 semaines on passe à 5 et le tarif monte de 15%. C'est moins bien, mais c'est plus cher !


(crève-vessie en verre)

Arithmétique de la CCVL :
34,62 kg = 18,02 kg



*Communauté de Commune des Vallons du Lyonnais (69): Brindas, Grézieu-la-Varenne, Messimy, Pollionnay, Sainte-Consorce, Saint-Laurent-de-Vaux, Thurins, Vaugneray, Yzeron.

Contact: info@brindas.net